« 2004-05 | Page d'accueil
| 2005-05 »
10/06/2004
Samarcande
Arrivee dans une drole de ville dont la premiere impression laisse perplexe. En effet, pas de tissu urbain continu comme dans les 2 autres villes. Il y a ici une ville "asiatique" qui est un dedale de rues sans nom ou il ne faut mieux pas se perdre, et, entre ces zones, de larges boulevards sovietiques bordes de trottoirs sans fin (et d'egouts a ciel ouvert) ou les voitures circulent a grande vitesse.
Perdus dans divers coin de cette cite, les monuments mondialement celebres, comme le Registan, le mausolee Gour Emir..., que les sovietiques ont soigneusement isoles au milieu de parcs. Comme ces batiments ont une echelle demesuree, comme tout ce qu'a fait Timur d'ailleurs, on est difficilement sous le charme. Et je vous ai deja parle de leur systeme de renovation/reconstruction. Voici la clef de l'histoire:
Pour montrer sa puissance, ce parvenu de Timur decida de construire les plus grands batiments existants, afin d'eblouir le monde. Imaginez une sorte de Ceausescu, double de Nelly Wenger: en effet, ce qui comptait, c'etait l'effet produit le plus rapidement possible, la duree et la solidite ne faisait pas partie du cahier des charges. Et effectivement, deja une cinquantaine d'annee apres sa mort, tout partait deja en morceaux (comme l'opera Bastille apres la mort de Mitterand) Donc, la tache sans fin des generations successives, qui n'avaient pas compris le concept d'expo ephemere, eux, a ete de s'obstiner a maintenir le tout en etat.
Si on fait un peu d'histoire, l'age d'or de cette region correspond a notre Moyen Age, grandes pestes et Guerre de 100 ans a nous, et se termine grosso modo avec notre Renaissance. Cela correspond a la frequentation de la mythique et fort rentable route de la soie; des qu'on a decouvert les routes maritimes, et qu'elles nous ont semble plus praticables que la traversee de leurs deserts, ca a ete plus ou moins cuit pour eux. Comme pour la Republique de Venise, d'ailleurs, qui dependait fortement de ce commerce. Au XVII, XVIII, XIX eme siecles, leurs cites redevinrent des mirages oublies.
Pour en revenir a Timur et aux monuments qu'il a fait construire a Samarcande, sa capitale, on peit lui laisser le fait que si ce fut un client detestable (delais impossible a tenir, caprices, decapitation de quelques architectes pour l'exemple), il avait quand meme la capacite de choisir les meilleurs artisans et artistes pour materialiser ses visions.
Donc, le mauseolee de sa femme preferee, le mausolee de sa famille et sa propre tombe (visite 3 -trois- tombeaux de Timur a cette heure: a 2-3 dollars l'entree, c'est une idee fort rentable), et surtout le Registan, ca chie quand meme un max.
Surtout, le Registan (ce que vous avez tous vu sur les photos), a la tombee de la nuit, avec le son et lumiere, c'est quelque chose. Le son et lumiere particulierement, avec une espece de voix d'outre-tombe qui declame (en toute langue desiree) des sortes de poesies de style post-sovietique magique. ("car moi, le Registan, mon coeur a saigne sous les cris de mon peuple fier et les larmes de ses femmes s'inscrivent dans le firmament de l'histoire", etc, etc... j'y retourne ce soir, c'est trop bon)
Aujourd'hui, apres deux semaines de vacances bientot achevees, ayant definitivement evalue ce peuple pacifique et plutot bien dispose, j'ai decide de me coltiner des visites dans la banlieue pour voir des monuments pas encore victimes de la restauration ouzbek, et ceci a l'aide des TPS , transports publics de Samarcande. Il s'agit de minibus aux destinations approximatives, mais avec l'aide des babouchkas, on finit par se debrouiller. Et quand le bus doit faire demi-tour, parce que la route est fermee, il vous depose sur le bas-cote (la ou les egouts coulent a ciel ouverts, comme je l'ai deja evoque) au milieu de nulle part MAIS ils vous rendent votre argent -et meme plus que la somme deposee! Suffit d'attendre une autre "ligne", tous les chemins menent a rome.
Pour parachever mon tour, j'ai ete plante virtuellement le drapeau de l'epfl (si ce n'est reellement, l'esprit et le coeur y etaient) sur l'observatoire d'Uluk-Beck, grand emir mathematicien et astrologue (rien a voir avec les horoscopes, je veux parler des physiciens qui calculent les distances entre les etoiles), qui a construit autour de 1400-1500 le plus grand sextant et observatoire d'astronomie. Bon, il faudra m'expliquer comment ca fonctionne un sextant a mon retour, mais ce type a reussi a claculer des positions de planetes avec une precision halucinante.
17:08 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Hebergement et commodites a Samarcande
Bon, pour le dernier hotel du voyage, c'est pas cela , helas. A Samarcande, je me suis trouvee dans une sorte de maison de gout ouzbek (hyper-kitsch) mais de tradition sovietique: l'hotel est plus la pour la commodite et pour le relaxement de ses employes (et de leur famille, enfants, ancetres...) que pour le service a la clientele. A part un mysterieux groupe de Russes qui suivent une sorte de congres (???? !!!! ) et a part l'unique receptionniste parlant une langue "occidentale" qui me colle tous les soirs pour me faire visiter la ville by night, pas pour ce que vous croyez, mais parce qu'il reve de venir en Suisse ou en France pour suivre lettres a l'universite, et compte sur moi pour lui envoyer une lettre d'invitation. Il espere aussi recevoir une bourse de ces pays, et je vais encore tenter ce soir de le decourager.
Pour la nourriture, me suis lassee du mouton et de son gras, exquis a plus de 30 degre, et ai quelque peu negliger l'aspect alimentation de mon voyage (mais le the et les glaces sont tres bons, donc pas de deshydratation en vue, seulement une petite diete)
Demain, retour a Tashkent, a travers le desert... Samedi matin depart pour la Suisse, fin des vacances. A ce propos, si qqun traine dans les environs de geneve aeroport vers 17h, vous connaissez tous mon numero de natel (je reponds a tous les sms)
13:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08/06/2004
Shakrisabz
Me trouve dans un Internet cafe a samarcande plein de petits jeunes qui viennent jouer sur les ordinateurs.
Hier, une longue trotte a travers le pays. Beaucoup de culture grace a une irrigation forcee, bles, coton en une autre saison, quelques vergers aussi, ainsi que beaucoup de champs autour des villages ou il y a a la fois du ble et des arbres fruitiers, ce qui en dit pas mal sur la mecanisation de l'agriculture.
Vu aussi des usines de "pompage" de gaz, a savoir comment on appelle ca, des puits de gaz peut-etre? En tout cas, c'est la principale source de revenu du pays, et aussi peut-etre une des raisons pour laquelle il n'a pas l'air aussi miserable que ses voisins. Il y aurait aussi du petrole, m'a-t-on dit, mais je n'ai pas vu cela.
Arrivee a Shakrisabz, une charmante ville de province avec un marche paysan bien typique, et une vie nocturne tres agrable, tres provinciale, mais plein de terrasses et de bars a glace autour du parc central, qui rayonne autour de la statue de Timur. pas pu beaucoup en profiter, car mal de crane vraisemblablement du au soleil.
Dans cette petite ville, deux points d'interets, un immense portail demesure, ce qu'il reste du palais de Timur, une construction aux dimensions gigantesques edifiee dans la hate par ordre du tyran, et qui n'a pas tenu plus d'une centaine d'annees.
A l'autre bout de la ville, deux ensembles de mauseolees, mosquee et ce qui reste du tombeau de Timur et de ses fils. Je visite le tombeau de Timour, une crype a l'ecart dans un champ de ruine restauree, en compagnie du mollah local (il y a aussi une vieille mosquee en bois a cote d'un platane centenaire splendide). Il me chante les sourates qui sont gravees autour de pierre tombale, c'est assez suggestif, ca le fait.
Maintenant, apres une bonne semaine de visites, une petite disgression sur les monuments ouzbeks s'impose. En effet, ce qu'eux appelle "restauration", en Europe on appelle plutot cela reconstruction. Ce qui signifie que plus votre guide de voyage et recent, plus il vous indiquera de batiments a visiter (en comparant par exemple avec le recit d'ella maillard) Depuis l'epoque sovietique, les gouvernements s'appliquent a remonter, repeindre, redecorer les anciennes ruines. Les merveilleuses ceramiques, les coupoles bleu turquoise, les elements floraux peints sur les portails ont au maximum une cinquantaine d'annee pour la plupart. Ainsi, a Boukhara, ils reconstruisent la muraille de la forteresse, qui n'etait qu'amas de ruine, et approximativement, dans une annee, ils auront acheve le perimetre.
A Shakirsabz, les peintures dans le tombeau d'un fils de Timour sont pour la plupart des petits medaillons avec un palmier stylise au centre. A force de peindre des centaines de ces medaillons, le "restaurateur" s'est lasse, et dans un de ceux-la il a dessine des petits bonhommes qui cueillent des noix de coco. Pas tres islamiste, le plaisantin!
10:19 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Hebergement et commodites a Boukhara
Excellent sejour a Boukhara a l'hotel Emir. Tres gemutlich et familial, avec decoration tres soignee. Il y a un hotel Liab-hauz a cote qui fait dans le plus impressionnant, mais si on cherche une ambiance sympathique, je recommande.
Pour manger, il y a a deux pas la place ou se rencontre le Boukhariote oisif. Des petits restaurants autour d'un grand bassin, avec comme arriere-plan de superbes medressas. Le dernier soir, une demoiselle de moralite ambigue s'est assise a ma table et m'a propose de boire un verre en compagnie. Ca m'a plutot surprise, c'est la premiere que je suis confrontee a ce genre de situation. Heureusement, le serveur a immediatement pris en charge ma respectabilite en me changeant illico presto de table! Je quitte donc cette ville avec une reputation de femme honnete et mariee intacte (en plus, ce serveur etait charmant...)
10:19 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
En route pour Samarcande
Entre Shakrisabz et Samarcande, il y a une route qui traverse une petite chaine de montagne. Elle suit une vallee verdoyante, d'un jaune vert acide, et cotoye des vergers. Le col est res chouette, ca change de la steppe: les locaux y elevent des vaches et des troupeaux de moutons et de chevres, que les enfants surveillent juches sur leurs petits anes. Dans les villages, on voit les boutiques des bouchers avec le mouton ecorche et sa queue bien grasse en evidence (c'est la meilleure piece pour faire de bons kebab.)
Arrivee a Samarcande en fin de matinee, impression mitigee sur cette ville.
10:19 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06/06/2004
Culture a Boukhara -bis
Les 2 grands avantages de cette ville sont:
- tous les monuments sont raisonnablement distants les une des autres, de telle maniere qu'on peut tout parcourir a pied, malgre les efforts acharnes pour vous egarer des plans locaux, qui sont les pires que j'ai consulte dans ma vie d'architecte
- contrairement a Khiva, ils sont situes a l'interieur d'une ville bien vivante, et surtout bien commercante. La ou a Khiva il fallait payer chaque fois 1/2 - 1 dollar pour avoir le privilege de contempler de douteuses reliques poussiereuses et delavees justifiant le titre de "musee" au batiment qui vous interessait, ici chacun des monument a ete transforme en une boutique de souvenirs a deux balles (vendus 10 dollars minimum). Il vous reste qu'a soulever les tapis et les broderies pour decouvrir les anciennes ceramiques...
Profusion donc de madrassas (> ex-ecoles religieuses), souvent disposees face a face en un ensemble urbanistique a couper le souffle, quelques mausolees (dont un antiquissime et proportionnellement parfait dans un parc) et mosquees. Les antiques marches sont de haut edifices couverts de coupoles a la croisee des rues principales, ce qui les rend fort astucieusement incontournables. La forteresse, au 3/4 bombardee par les Russes, mais qui fut la residence de l'emir (couloir d'entree borde de niches ayant servis a l'exposition-vente d'esclaves, maintenant cartes postales seulement). La prison, ou sevissait la charmante coutume d'elever des punaises a la viande crue pour mieux tourmenter les locataires (je cite Ella Maillard), et ou se vend sous le manteau des photos representant une decapitation comme celle de l'Americain en Irak que tout le monde a vu sur internet (> propagande imperialiste).
Le clou de la ville, l'ensemble Kalon, dont le minaret est le symbole de cette ville, qui fut autrefois souvent utilise comme plongeoir lors d'executions capitales, lorsque l'emir se lassait de decapiter les Anglais de passage. Les briques sont liees au lait de chamelle. Mosquee et medressa de part et d'autres. La mosquee, grandiose, est dotee d'une de ces mythique coupoles recouverte de faience turquoise.
Autre visite interessante, celle de la demeure du premier dirigeant et revolutionnaire bolchevique du pays, Khodjaev, un rejeton de riche famille marchande qui fut envoye plus tard pourir en Siberie par Staline. Vu l'opulence de la demeure, on se pose quelques legitimes questions sur l'origine proletarienne de la Revolution rouge. mais la maison est magnifique (mon hotel a ete restaure sur le modele), meme si la partie "gloire a la rebuplique socialiste sovietique d'Ouzbekistan" est desormais censuree au profit de la visite des cuisines.
Quelques parcs, toujours si bien fourni en terrasses, et quelques monuments decentres completent la visite in extenso des richesses culturelles de cette ville.
Demain lundi, depart pour Shakhrisabz, ville natale de tamerlan (www.herodote.net/histoire07280.htm), Timour le Conquerant, ou, vu la taille du village, je doute trouver un Internet Point. Mardi, Samarcande....
12:04 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
05/06/2004
Dans les environs de Boukhara
Aujoud'hi 5 juin, j'ai pris un taxi pour aller voir qq monuments en dehors de la ville. Principalement, un sanctuaire islamo-soufiste, un lieu de pelerinage et de recueuillement absloumant superbe. Il y a un ensemble compose d'une cour sur iwan, avec le tombeau de ce saint homme, qui contient une pierre noire de la mecque, un bassin, un arbre, un petit sanctuaire pour le feu.
A l'exterieur, un minaret style Pise, un grand bassin, des tombes et le tronc couche d'un arbre sacre que les gens touchent pour se porter chance. Good vibes.
Ensuite, l'horrible et kitchissimme residence d'ete de l'emir: un palais construit dans un parc fin du XIXeme, avec des salles ultra-decoree, petite miroirs, peintures, fenetres en forme de coeur aux verres colores et j'en passe. On dirait la discotheque "oriental palace" d'Issy-les-Molinaux, sortie peripherique sud. Le jardin aux grands arbres et le bassin a cote du harem releve a peine l'ensemble > Maximum de pognon, minimum de gout...
Puis un autre sanctuaire, le sanctuaire des 4 freres, autre lieu de pelerinage, compose d'une mosquee et d'une medresa alignees l'une pares l'autre, et non a face-a-face. A peine restauree, un lieu de recueillement egalement, tres paisible au milieu des champs (ble, coton, riz, vergers aux abricots delicieux)
Et, je l'attendais avec angoisse depuis le debut de mon voyage, l'invitation a gouter la cuisine typique dans un troquet de campagne. Dans notre pays desormais si dietetiquement correct, on a de la peine a imaginer ce que signifie un kebab de mouton sans trop gras. En ai suinte toute l'apres-midi... et qq gousses d'ail roties pour faire passer letout. Penser tres fort a autre chose en mastiquant. Merci, c'etait exquis, je suis ravie que vous m'avez enmenee ici.
15:42 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
culture a boukhara
et merde, il y a eu une rupture de connexion pendant que je decrivais les merveilles que j'ai vues ici. Demain, si j'ai la patience de tout reecrire.
15:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Boukhara
hello,
apres trois jours a boukhara, je me suis asez bien integree aux rythmes de cette ville. Il y fait tres chaud et il est recommande de trouver une occupation de l'apres-midi qui ne soit pas trop fatiguante. Ainsi le premier jour, j'ai pris le the avec des jeunes filles des boutiques a gogos. Le lendemain, elle m'ont conduite a la piscine de l'hotel de luxe du coin (c'est moi qui paye, mais se faire accompagner par 5 adolescentes en fleur, c'est pas donne a tout le monde, n'est-ce pas "simon"....) Ensuite, the a la maison, et defile d'atroces souvenirs de (mauvais) gout babacool, que je suis bien obligee d'acheter, pour ne pas passer pour une ignoble rapiat. Mais d'une part, j'ai marchande ferme, et d'autre part cela fera des cadeaux pour le prochain Noel, je me resigne. Plus tard, je suis invitee a souper chez la plus mignonne et la plus sympatique, qui vit en banlieue. Que des filles, on passe la soiree a parler des garcons et a faire des gags au telephone (|).
14:59 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03/06/2004
A travers la steppe
Voyage de tant de kilometres en taxi a travers le desert de Kyzil Kum (c'est plus Tintin, c'est le seigneur des Anneaux, la)
Le desert, la steppe, et encore un detour dans le desert pour voir un elevage de chameux et de dromadaires, puis, 50 kilometres plus loin, prendre un the dans une yourte. Petit souci en voyant debarque la famille de 5 freres, avec ce petit probleme de fertilite qui semble desole tout le monde, la-bas (pas d'enfants!) Mais personnes adorables et tres hospitalieres. Je n'accepte quand meme pas de passer une nuit dans la yourte pour admirer les etoiles.
Arrivee au couche de soleil a Boukara, ville nettement plus vivante et peuplee. Hotel B&B charmant dans une ancienne maison juive decoree de svatiska (!)
PS, UN PEU DE TENUE DANS VOS COMMENTAIRES J'AI UNE REPUTATION, MOI
08:16 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


