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30/05/2005

De Yazd à Isfahan un jour férié.

Comme le trajet ne dure que 3 heures, je prévois de faire un ultime tour dans le bazar et la vieille ville, mais le vendredi matin dans une ville musulmane, c'est comme un dimanche matin chez nous. Pas un chat, rien d'ouvert, pas moyen de trouver une âme (pas)pieuse pour vous servir un café. Donc j'accèlère le mouvement et me fais conduire à la gare de bus. Là, il suffit de prêter une oreille aux cris des rabatteurs des bus, qui époumonnent leurs destinations. En moins de deux, je m'embarque dans un bus pour Isphan, un Volvo cette fois (=moins typish mais avec air con). Hélas, pas de voisine avec qui converser, mais une petite fille aux parents de la campagne (ils ont l'air nettement plus perdus que moi, je les prendrais presque en charge à notre arrivée) La vidéo racconte cette fois l'histoire d'un metteur en scène de cinéma qui est enfermé dans un asile d'aliénés et qui revit des moments de sa jeunesse. Malheureusement, personne pour me décrypter l'intrigue, dommage.

Arrivée à Isfahan, mon taxi longe le chantier de la future ligne de métro qui reliera, un jour, la station de bus au centre ville. Nous traversons la place de l'Iman, lieu symbolisant l'acmé de mon voyage. Après une longue-longue toilette dans l'hotel choisi, le Sefad, je m'offre une petite ballade à pieds our le coucher de soleil. La place, splendide, accueille les familles de la ville pour leur traditionnel picnic du vendredi. Premiers contacts avec les vendeurs de tapis...

Environs de Yazd

L'hôtel m'a organisé une petite visite zoroastrienne des environs de la ville. Le zoroastrisme est une antiquissime religion monothéiste, basée sur un livre écrit par le prophète Zaraoustra, en cours dans la région avant l'arrivée de l'islam (voir Persepolis). Il y a pas de personnes autour de Yazd qui se réclament plutôt de ce courant, bien qu'ils aient adoptés les comportements des musulmans (femmes avec foulard... ) J'ai remarqué ailleurs dans le pays des gens qui, dégoûté des mollahs mais pas de la religion, se disent zoroastriens. Suite à l'installation des musulmans, beaucoup de persans zoroastriens ont immigrés en Inde; on les appellent les Parsis. Ils ont pour (ancienne) coutumes d'exposer leurs morts sur des tours funéraires, et de vénérer le feu.
Je visite leur sanctuaire de Tchak-Tchak, un lieu dans la montagne hyper-escarpée, occupé une seule semaine par année, et qui abrite une source sacrée, un feu éternel, et un arbre impressionnant, qui fut le refuge d'une princesse zoroastrienne fuyant les Arabes.

Puis je m'arrête dans une vieille cité de Meyerold, avec une citatelle de boue séchée mythique, un caravansérail restauré où nous nous restaurons et visitons un musée de tapis, et surtout une impressionnante glacière traditionnelle. Il s'agit d''un puit recouvert d'un dôme en forme de cône optimisé pour enfermer de la glace fabriquée en hiver. Il y a aussi un pigeonnier, traditionnellement utilisé comme producteurs de fumier, puis restauré et agrémenté de pigeons empaillés du plus charmant effet. J'admire les paysages de désert pendant que ma guide fait face aux diatribes du chauffeur. Il semble remonté contre les réfugiés afghans, en nombre dans la région. Dommage que je ne participe pas. Je m'emmerde un peu, il semble ravi d'avoir une interlocutrice et devient intarissable.

Après le lunch couleur locale pour touriste, retour en ville. Je passe la fin de l'après-midi et le coucher de soleil à errer dans le dédale des la vieille ville, cherchant les diverses mosquées et bâtiments remarquables avec plus ou moins de bonheur. La mosquée du Vendredi, XIVème, est superbe; les dites prisons d'Alexandre, dans un ensemble antique, sont plus difficilement repérables. Heureusement, un gentil couple me prend sur leur moto (3 personnes par moto, c'est une moyenne içi) et me conduit à bon port.

Yazd, inside the city

Après un petit déjeuner en compagnie du garçon d'hôtel, qui désire connaître mon opinion sur php (il a rempli ma fiche hier soir), je me lance dans la visite LP de la ville. Il s'agit d'un centre, avec bazar, quartiers, mosquées.. qui a maintenu son tissu urbain d'origine, un dédale austère de murs en boue et d'étonnant jardins. Extra à visiter, même si seuls les pauvres continuent à y habiter. Je visite le musée de l'eau, et m'initie au système d'irrigation pas quanats, des conduites souterraines qui amènent l'eau depuis les montagnes. Les riches maisons et les mosquées sont toutes bâties sur un puit profond, desservi par une volée de marches très raides conduisant à des pièces de séjour pour les heures les plus chaudes de l'été. L'eau circule imperceptiblement, comme une Venise souterraine. Système aussi antique que sophistiqué, efficace, mais délaissé désormais au bénéfice des machines à air conditionné. Les maisons sont également coiffées d'élégantes tours à vent, qui font circuler dans les pièces l'air canalisé et rafraichit par les bassins des quanats. Rythme de vie dicté par les conditions naturelles extrême, et se jouant des contraintes pour devenir très séduisant, harmonieux.

Petit passage devant la mosquée Amir (timouride, de Tamerlan, le conquérant monghol, voir blog Ouzbékistan), dont il ne reste qu'un façade à trois étages d'arc, une curiosté, élégante mais mal fréquentée.

Puis une balade dans la ville porte mes pas dans une autre mosquée au beau dôme, dédiée ce jour-là qu'aux femmes. J'engage la conversation avec deux étudiantes en médecine. Elles m'invitent à dîner dans un hôtel chic. On parle études, politique, postion de la femme. On se racconte nos deux pays. Après une sieste, obligatoire avec un tel climat, elles passent me prendre et on fait les boutiques ensemble. Hélas guère tentée par les bijoux modernes en or, surchargés, dans le goût oriental, qu'elles me proposent. Je participe également à leur cours d'anglais, dans une institution privée, avec un prof charmant, mais que des filles. Pleins de questions sur la suisse, l'europe.. et débat en anglais sur la vie professionnelle. Elles veulent savoir si tous les Suisses sont riches à cause des banques: je leur demande si tous les Iraniens sont riches à cause de leur pétrole et du gaz... Je leur promets également une entrée dans l'espace Schengen au cas où elles iraient visiter l'Europe... ne me laisser pas tomber, please!!! Echange de moults adresses email.

En fin de soirée, je rentre à l'hôtel et déguste un menu d'aubergines. Nuit entrecoupée par les pleurs de mômes français, je me demande ce que le beauf fait dans ce coin perdu, et découvre que sa femme est iranienne.

En route pour Yazd

Ai arrange mon premier voyage en solo, un parcours en bus entre Shiraz et Yazd, 600 km en bus pour 3fr en 7h! Comme je ne voulais pas stresser aux aurores, ai chosi le bus de 14h. ce qui me laisse une matinée pour traîner dans les jardins d'Eram, un fameux parc botanique de la ville. Un palais Qajar, charmant mais non visitable, une profusion d'allées, de pergolas, de fontaines, un jardin de roses aux mille variétés... mais pas de banc pour se reposer, sans doute pour décourager les longues pauses des couples d'amoureux.
Dans le bus, j'ai pour voisine une jeune etudiante timide et guere effrontée, qui meurt d'envie de communiquer avec moi, mais son anglais est tres sommaire, le regret de n'avoir pas etudié avec plus d'acharnement est palpable. Elle parvient néanmoins a me poser les questions habituelles (origine, statut marital, professionnel, familial, raisons de mon voyage en Iran et avis sur ce pays et ses habitants...) Tente également de m'expliquer sa religion, zoroastrienne, sans grans succès, et finit pas m'offrir une médaille et de succulents sandwichs. Resignées, nous nous absorbons dans une histoire d'amour iranienne moderne et contrariée, diffusée en video dans le bus. Pas de happy end, il apparait que le film est une critique des relations hommes-femmes dans la société iranienne contemporaine. Dommage ne pas disposer de plus d'explication. Mon premier film de bus. Les suivants seront aussi des films iraniens critiques envers le régime ou la société.
Progressivement, le bus s'enfonce dans le désert. Premières habitations en pisé ou en briques de terre (?), aux murs épais. Caravansérails abandonnés (les carvansérails sont des relais routiers de la route de la Soie, abris protégeant les voyageurs, la plupart ont été construits par Shah Abbas Ier, l'homme d'Isfahan).Le coucher de soleil dans le désert est splendide.
Arrivée à Yazd en soirée. Le taxi me porte au centre ville en passant devant la plupart des attractions touristiques de cette cité, augurant la possibilitée de tout voir à pieds. L'entrée dans l'hôtel est un vrai enchantement, pour la première fois du voyage. Il se situe à l'intérieur du bazar, dans la partie antique de la ville. Passé le portail du bazar, il faut encore dépasser qq boutiques, puis franchir une autre lourde porte de bois, protégeant l'accès de plusieurs demeures traditionnelles, dont l'une a été transformée en hôtel, le Malek'o'Tojar. L'espace principal est une cour, avec plantes et fontaines, comme le veut la tradition de ces maisons d'oasis, couverte d'une lourde toile opaque. Les chambres sont distribuées au petit bonheur la chance autour de cette cour. Onirique. Le petit déjeuner et les repas se prennent sur les tarts (larges bancs de bois couverts de tapis) dans cette cour. A mon arrivée, ça le fait à mort. Le lendemain matin un peu moins, car il n'y a pas d'eau chaude, et un couple de beauf' français avec deux mômes geignards et pleureurs super mal élevés. Les boules quiès et les cheveux sales s'imposent.

22/05/2005

Persepolis

De l'archeologie comme s'il en pleuvait. La journee est dediee a la visite d'un des plus beaux sites qu'il soit donne a voir, Persepolis, la ville des Achemenides, ceux qui creerent un des plus grand empire mondial, avant l'epoque du Christ et avant de recevoir la patee par Alexandre le Grand, ce sale Yougo va-t-en-guerre, qui, on le comprend, n'est guere admire dans la region, malgre ses jolis brushings et le fait qu'il soit le fils de Lara Croft.
Cette ville, reve de tout urbaniste, a ete edifiee sur un enorme socle a partir d'une colline existante, non pas pour loge une quelconque plebe, mais pour recevoir une fois l'an les hommages en nature et en espece des differents rois des tribus soumises aux Perses.
Pour rendre le message bien clair, ces rois et leurs cadeaux ont ete sculptes dans la pierre le long des escaliers qui conduisent au palais royal. Imaginer une procession de Vaudois s'acquittant de leurs impots sculptes sur l'Esplanade du Chateau, les gens du Lavaux avec leurs demis, les Broyards avec leur bettraves sucrieres, etc, et vous aurez une idee du but desire.
Donc, le concept, c'est grandeur, magnificence, demesure et didactisme. Une matinee, c'est bien court pour s'impregner de l'esprit du lieu, decouvrir et comprendre les traces archeologiques, admirer les statues et les bas-reliefs, chercher les signatures de tous les voyageurs europeens qui ont signale leur passage en Perse d'un graphe iconoclaste et d'une oeuvre litteraire...
Les tombeaux des rois se trouvent dans une montagne avoisinante. Ces gens-la choisissaient une paroi bien abrute, y gravaient une croix suisse agrementee de bas-reliefs relatants leurs hauts faits (moi pietinant mon ennemi, moi soumettant les tribus, moi avec la divinite locale...), accompagnes de textes explicatifs en 3 langues, au cas ou (c'est moi le roi, le roi des rois meme, et meme que c'est les dieux qui l'ont voulu, et merde a qui n'est pas d'accord...). Decidemment, on ne louera jamais assez le souci didactique de ces gens-la. qui nous les rendent si proche malgre les siecles qui nous separent. Vive l'art figuratif.
Apres tant de hautes emotions, retour en ville, ou je suis la proie d'un debordement local de testosterones. Je m'en tire aisement avec un gros bouh, rien de comparable avec mon experience italienne mais bon ca la fout mal alors je rentre me coucher.

21/05/2005

Shiraz, ville de poetes

Aujourd'hui, je prends conge de mon chauffeur et des arrangements de l'agence de voyage pour me fier a ma debrouillardise (???) et au Lonely Planet. Comme premier signe d'affranchissement, je change immaediatement d'hotel, afin de realiser qq economies (superflue) et de me placer dans le flux des Lonely Planeter, puisque je suis Lonely et by myself. A vrai, c'est pas la meilleure idee, vu que l'hotel le plus vante n'est guere reluisant (le Eram Hotel), mais la chambre est compensee par un somptueux buffet.
Ensuite, je visite les points d'interets suivants:
- le chateau fortifie, ou Arg-e, une citadelle aux quatre tours dont une penche joyeusement. Avec un hamman paisible et un chouette bazar.

- la mosquee du Regent, un endroit magnifique qu'on imaginerait plus antique, avec une tres belle salle de colonnades (comme a seville), aux sculptures affirmees. Un long bassin ou crevotent qq poissons rouges egayent sa cour.

- le bazar, toujours de notre ami Karim, un des plus beau d'Iran parait-il. Tres peu d'arcades destinees aux touristes, promenade agreable ce jour-la. Les bazars iraniens ne sont pas strictement definis par la categorie de marchandises qu'ils vendent, mais une de leur caracteristique les plus agreable est la presence a chaque entree principale de stands d'epices, qui parfument de maniere invitante les lieux.

- le mausolee Shah-e Cheragh, un lieu saint de l'islam shiite, ce qui signifie de maniere totalement contradictoire que 1) il faut se couvrir d'un tcador pour le visiter, c'est-a-dire emprunter un drap de lit de votre grand-mere dans le kiosque d'a cote et 2) l'endroit, couvert de mosaiques en miroir, ressemble a une dicotheque des '70, on s'attend a renconter Grace Jones et Patrick Juvet.

- et hop, petite sieste dans le superbe jardin du poete Hafez, un auteur du XIIeme siecle de Shiraz absolument venere par les iraniens. Chouette tchaikana, beuoup de jeunes amoureux sympatiques, qui ne se becottnt pas sur les bancs publiques, car on est en iran, mais qui se tiennent la main de maniere tres absorbee.

- le marathon continue avec la visite de la mosquee Nasir, du XIX; comme les augustes auteurs mes mentors, je tiens a denigrer tout ce qui est quajar comme expression de la decadence islamique, mais je dois bien dire que cet edifice la est absoluement charmant, meme si sa salle a colonnade n'a pas la vigueur de la mosquee de ce bon Karim. La preciosite des faiences accordee avec la vegetation, les vitres teintees pour des jeux de lumiere, suscient une vision de l'islam plus legere, une autre vision de cette religion, moins barbare, moins guerriere. Il y a un drole de souterrain qui ressemble a un quanat, a l'usage mysterieux, mais a la temperature rafraichissante.

- la bonne impression de cette periode se voir confirmee dans le jardin des oranges, un jardin a la belle vegetation avec un palais d'ete totalement conforme a l'idee de l'orient delicat des mille et une nuits. Premier usage des miroirs pour orner un edifice civil, ou plutot residentiel. Cet endroit reste pour moi le symbole possible d'une ville regentee par les poetes qui chantent les roses, les fleurs et le chant du rossignol. On imagine Pierre Loti ou d'Annuzio completement emporte par cette vision de la langueur orientale, dont le charme reside dans l'art de la decoration (mosaiques, peintures, faiences, bois sculpe...) plutot que dans l'architecture. Je le sais, j'ai essaye de faire abstraction de la splendeur decorative pour esquisser les proportions de l'edifice: elles ne sont vraiment pas terribles.

Apres tant de culture, retour a l'hotel pour un buffet en solitaire.

De Ahwaz a Shiraz

Une autre etape devastante de kilometres, qui me rapproche des destinations tourisitques du pays.
Apres avoir parcouru une longue plaine parsemee de puits de petrole, la route continue sans fin, et s'engage dans les montagnes. La, j'apprends le depassement en cote de poids-lourd, avec visibilite restreinte. Dans ces moments, propres a egayer un voyage monotone, on se rends compte de l'utilite des autoroutes et de la chance d'avoir une grande partie du fret transporte par train.
La derniere partie traverse une sorte de canyon aux roches sedimentee en couches obliques. Spectaculaire.
Arrive a shiraz, nous parcourons une longue avenue bordee de magasins, le Zand. Ouf, la cite a l'air plus moderne et plus riche que les etapes precedentes. Au coucher de soleil, nous faisons une rapide visite de la mosquee et du bazar Karim Zand.
Ce type est un descendant du gars qui a mis fin a la dynastie safavide (ceux qui ont embellis Ispahan); en periode troublee (vers 1750), c'est un des rares dirigeants plus nteresses par l'art et l'architecture que par la guerre. Il eut une vision grandiose de sa capitale, Shiraz, et c'est comme un dernier sursant de la grandeur des Perses au niveau architectural. Ensuite viennent les Qajrs, des sortes de tchetchenes plus connus pour leurart de la faience et pour leurs moeurs a la fois corrompues, barbares et pathetiques, qui releguerent la Perse en portion congrue sur l'echiquier mondial.

17/05/2005

Continuation du voyage

Aujourd'hui, suis a Shiraz, et sur le depart en bu pour Yazd, ou je compe dormir en tout 3 nuits, 17, 18, 19 mai, puis me rendre a Ispahan jusqu'au 24 ou 25, tout depend de mes impressions sur cette ville. Ensuite, derniers jours a tehran chez Marc et Christine.

Longue route entre Kermanshah et Ahwaz

Ce vendredi 13, voici la plus longue etape du voyage, environ 500 kilometres le long de la frontiere irakienne. Comme dans toutes vacances qui se respectent, un depart pas trop matinal a pour consequence une arrivee aux plus chaudes heures de la journee pour la visite de sites archeologiques. En l'occurence, il s,agit de la ville de Sush, ou Suse.
Une premiere attraction est le tombeau de Daniel. Il s'agit du prophete de l'ancien testament qui a fini dans la fosse aux lions mais qui n'a pas ete trouve du gout de ceux-ci. Pour moi, c'est mon premier tombeau style discotheque. En effet, cet antique lieu de pelerinage juif a ete pour d'obscures raisons assimiles par les musulmans. Et la caracteristique principale des tombeaux des saints hommes de cette religion, du moins en iranc'est l'emploi generalise de mosaiques en fragments de miroirs. Nos boules des '70 font pietre figure a cote.
Le sanctuaire est divise en 2, un cote pour les hommes, un pour les femmes, a chacun son cote de tombeau. Les femmes pieuses utilsent un palet de hockey en bois qu'elles diposent devant elle pour prier et y poser le front. En entrant, je commence par poser le pied sur le premier palet sur mon passage. Aie. Mais la tolerance est grande. POur me pardonner, je fais demonstration d'un acces de bigoteire en faisant semblant d'embrasser la grille en argent qui protege la tombe.
En sortant, le gardien du monument, honore de la visite d'une pieuse chretienne, m'offre des cartes.
RApres un fallafel achete a unun kiosque proclamant food for tourist, la deuxieme etape est la visite du site archeologique de Suse, amplement, meme plus que cela, pille par les Francais. Si vous desirez admirer les sublimes sculptures des rois achemenides, je ne peux que vous conseiller la visite du Louvre, peut-etre plus cher mais bien plus tempere. Sur place, nada. Il fait plus de 35 degre, et, malgre ma creme solaire, mon visage devient rouge (que le visage, pour une fois que le foulard islamique est beni).
Un site arrase donc a 50 cm, domine par un chateau fort de style moyenageux, construit au XIX siecle par les archeologues francais qui tenaient a continuer pepere la mise a sac du site, se protegeant ainsi de leur propre mise a sac par les tribus locales. Ferme.
Le musee contient 2 ou 3 copies des bas-relief du Louvre, qq poteries et objet mineurs.
Notre chemin continue vers la ziggourat zoroastrienne de Choqua Zambil, et ca, vraiment, ca le fait. C'est peut-etre un des plus vieux batiment que j'ai jamais viste, et son aspect de pyramide a gradins evoque irresistiblement la tour de babel. Il fait encore tes chaud et il n'y a pas un caht, a part un vieux gardien qui nous fait faire le tour. Mythique. Les murs de briques sont si bien conserves qu'on n'a de la peine a croire qu'il ne s'agit pas d'une renovation. Mais les textes en caracteres cuneiformes attestent de l'originalite de l'ensemble.
En fin de journee, arrivee dans le grand hotel de ville de Ahwaz. Assomee de voyage, de soleil et de gaz d'echappement, je me cloitre dans ma chambre pour apprendre avec consternation la mort d'eddy barclay. A la meme epoque l'anne passee a samarcande, c'etait Ronald Reagan. Je traite avec dedain cette ville martyre de la guerre d'iran-Irak, dont le seul souvenir restera un long boulevard decore d'une successsion de panneaux de martyre et de palmier. Un martyre, un palmier, un martyre, un palmier, etc.
En sortant de la ville, la terre sue le petrole, suc de notre civilisation. Assurement, ses benefices ne sont pas redistribues sur place.

16/05/2005

Bistotoun

L'autre site archeologique se trouve a une trentaine de kilometres de Kermanshah. Il s'agit de Bistotun. En fait, ce sont des panneaux publicitaires graves dans les rochers surmontant une vallee qui etait une importante voie de communication de l'epoque (et qui l'est restee, vu le nombres de camoins qui la parcourent).
Donc le roi Darius, vers 480 bc (avant l'arrivee d'alexandre), fit sculper son portrait en bas-reliefs, entoure d'ennemis vaincus, de Dieux complaisants et de textes en plusieurs langues celebrant sa grandeur. Les bas-reliefs sont places tres haut sur la paroi escarpee, impossible d'y acceder. Il y a bien un escalier en metal d'aspect branlant, mais condamne. J'hesite a escalader la barriere de metal qui protege cette escalier, l'humiliation serait de pouvoir entrer mais etre incapable de ressortir. Pendant que j'evalue mes capacites alpinistiques, une bande d'ecoliers males indisciplines (les classes ne sont pas mixtes en iran) deboule, et le plus hardi d'entre eux franchis la barriere comme un renard. deux soldats preposes a la garde du monument (enfin une utilite intelligente a l'armee, on devrait y penses chez nous) arrivent en courant, recuperent l'imprudent par l'oreille et le trainent vers ce que j'imagine une bonne bastonade sur la plante des pieds (car tel est le chatiment dans le roman que je suis en train de lire). Les deux instituteurs s'humilient pour recuperer le pauvre garcon. Je redescends tranquillement vers la voiture, imaginant les touristes dans eux mille ans qui iront se recueillir devant des panneaux coca-cola et qui collectionneront les figurines grandeur nature de Schumacher et de Beckam, ces derniers etant places a toutes les stations-services locales pour promouvoir de l'huile de moteur.
La soiree s'ecoule oisivement dans un parc public a la gloire des martyres de la guerre iran-irak, parc pourvu d'une cascade et de plusieurs tchaikanas, lieu de rencontre de la pouplation locale.
Un dernier mot sur ces martyres: en effet, la region ou je me trouve a beaucoup souffert de la guerre iran-irak. Chaque ville et village exhibe des portraits, soit sur les facades borgnes des immeubles, soit sur des panneaux metalliques ou des monuments dans les giratoires a l'entree des localites, de ses enfant tues au combat.
Ai passe deux nuits dans un hotel excentre, au milieu d'une banlieue assez pauvre, mais dote de 4 etoiles (l'hotel, pas la banlieue). En fait, ce sont 4 etoiles qui date des '70, comme l'hotel d'ailleurs. Il y a une tres chouette baignoire et je me familiarise avec les soap televisuels iraniens, qui sont terriblement sentimentaux, comme il se doit, mais bien ringards, car toutes les femmes sont parfaitement voilee, meme quand on les voit dans leur chambre a coucher.

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